«Un festival de théâtre pourquoi donc ?» A cette question une ébauche de réponse passerait-elle par la définition des mots «festival» et «théâtre» ? Non !

Pas besoin de définir le premier, tout est clair, le festival c’est la fête. Pour le second, cela reviendrait à résumer plus de 2500 ans de pratique en une seule phrase…jaugeons l’ampleur de la prétention et tentons de rester humbles.
Tout de même… le théâtre me semble être le lieu et le moment de la rencontre voire du rendez-vous… celui entre les artistes sur scène et les spectateurs dans la salle. Et tout cela pour partager ce qui les réunit : la vie. Et même si sur scène cette vie est poétisée, fantasmée, sublimée, pour autant elle nous est commune, avec ses joies et ses peines, ses renoncements et ses exaltations.
Nos ancêtres parlaient de catharsis, cette purge «qui évacue le mal en l’exagérant» et de fait nous libère ou encore nous rassure ou tout simplement nous fait passer un bon moment. Autant de spectacles, autant de façons différentes d’aborder cette «fameuse vie». Alors peut-être que la somme de ces différences, de ces mondes paradoxalement illusoires et bien réels, se retrouve dans le principe d’un festival ?
Pour le vérifier, il ne tient qu’à chacun d’entre nous, artistes et spectateurs – en fait tous acteurs de la même vie -, d’aller se nourrir dans cette auberge espagnole qu’est le «Festival de l’Autre Rive»…
Car comme le disait Albert Camus : «L’art n’est pas une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes et de femmes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes».

Jean-Jacques Carrasset